Débuter · 9 min de lecture

Devenir closer sans quitter ton travail

Démissionner pour se donner les moyens est un mauvais conseil. Ceux qui réussissent font presque tous l'inverse.

Pourquoi la transition progressive gagne

Quelqu'un qui démissionne d'abord se met une pression qui abîme ses appels. Il a besoin de vendre. Et ce besoin s'entend au téléphone.

C'est le paradoxe cruel du métier : plus tu as besoin de la vente, moins tu la fais. Parce que tu pousses, tu ne poses plus les bonnes questions, et tu n'oses plus dire à quelqu'un que ton offre n'est pas pour lui.

Celui qui garde son salaire peut se permettre d'être détendu. Il apprend plus vite et il vend mieux.

Élodie a quitté son CDI après avoir obtenu ses premiers résultats, pas avant. Baptiste est parti une fois que son activité était suffisamment régulière. Les deux ont fait le même choix, et c'est le bon.

Le temps réellement nécessaire

Je ne vais pas te vendre l'histoire des deux heures par semaine.

Ce qu'il faut, honnêtement : du temps d'apprentissage au démarrage, des créneaux fixes pour les appels, et surtout du temps de réécoute. Cette dernière partie est celle que tout le monde sacrifie, et c'est la seule qui fait réellement progresser.

Compte cinq à dix heures par semaine pour que ça avance vraiment. En dessous, ça stagne et tu finiras par abandonner en te disant que ça ne marche pas.

Le vrai problème : les horaires

C'est l'obstacle concret, et il se règle mieux qu'on ne le croit.

Ce qui fonctionne

  • Les créneaux de 18 h à 21 h. Beaucoup de prospects préfèrent ces horaires, parce qu'ils travaillent aussi
  • Le samedi matin, très efficace sur les offres destinées aux particuliers
  • La pause déjeuner, pour un appel calé à l'avance
  • Les jours de télétravail, si ton emploi t'en laisse

Ce qu'il faut dire à ton client

La vérité. Dès le premier échange : voilà mes créneaux, ils sont fixes, je les tiens.

Un client sérieux préfère largement un closer disponible sur trois créneaux fiables qu'un closer théoriquement disponible tout le temps et qui annule. Ce qu'ils redoutent, ce n'est pas ta contrainte, c'est ton imprévisibilité.

Et ne mens pas sur ta situation. Ça finit toujours par se voir, et ça détruit la confiance que tu as mis des semaines à construire.

Le cadre juridique

Le cumul d'un emploi salarié et d'une micro-entreprise est possible. Deux points à vérifier dans ton contrat : une éventuelle clause d'exclusivité, et une clause de non-concurrence si ton employeur est sur un marché proche.

Dans la fonction publique, les règles sont plus strictes et une autorisation peut être nécessaire. Renseigne-toi avant, pas après.

Le détail des démarches est dans l'article sur le statut.

Quand partir

La question qui angoisse tout le monde. Voici les repères que je donne, et ils n'ont rien de magique.

  • Tes revenus de closing couvrent tes charges fixes, pas ton salaire entier, tes charges incompressibles
  • Ça dure depuis au moins trois mois consécutifs, pas un pic isolé
  • Tu as une mission stable, idéalement deux clients plutôt qu'un seul
  • Tu as quelques mois de trésorerie d'avance

Le point sur les deux clients est celui qu'on néglige. Un closer avec un seul client n'est pas indépendant, il est salarié sans contrat. Le jour où ce client arrête sa publicité, ton agenda se vide du jour au lendemain.

Les trois erreurs qui font échouer la transition

Vouloir tout mener de front sans rien retirer. Il faut prendre ces heures quelque part. Ce sera sur autre chose. Décide où avant de commencer, sinon ce sera sur ton sommeil, et ça ne tiendra pas trois mois.

Ne pas prévenir ses proches. Si personne autour de toi ne sait pourquoi tu es moins disponible le soir, la pression sociale fera le reste.

Partir sur un mois exceptionnel. Un bon mois n'est pas une tendance. Trois mois consécutifs, c'en est une.

Ce que ça demande vraiment

Je ne vais pas te dire que c'est confortable. Pendant quelques mois, tu vas travailler le soir après une journée de travail, et certains soirs tu n'auras aucune envie de prendre un appel.

Mais c'est une période, pas un état. Et c'est infiniment plus intelligent que de se mettre le dos au mur en espérant que la pression fasse le travail.

Les gens qui y arrivent ne sont pas ceux qui ont le plus de temps. Ce sont ceux qui ont décidé d'où venaient leurs cinq heures, et qui les ont tenues.

Si tu veux comprendre par où commencer, lis l'article sur le démarrage sans expérience, puis regarde comment je travaille avec les gens que j'accompagne.

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il m'interdire d'être closer en parallèle ?

Il peut le limiter si ton contrat contient une clause d'exclusivité, ou si l'activité concurrence directement la sienne. En dehors de ces cas, tu es libre. Vérifie ton contrat plutôt que de supposer.

Faut-il le dire à son employeur ?

Rien ne t'y oblige en général, sauf clause spécifique ou fonction publique. La discrétion reste souvent la meilleure option tant que ton activité ne déborde pas sur tes heures de travail.

Combien de temps dure la transition en moyenne ?

Les parcours publiés sur ce site vont de quatre à cinq mois entre le début de l'accompagnement et le départ du salariat. Ce ne sont pas des moyennes, ce sont des cas précis, et ton rythme dépendra du temps que tu y consacres.

Human First Selling

Tu peux continuer à lire. Ou commencer.

Ceux qui vivent du closing aujourd'hui ont tous passé un premier appel raté. La différence, c'est qu'ils l'ont passé.

Je forme des closers un par un, avec leurs vrais appels, leurs vrais prospects et leurs vrais blocages. Pas une bibliothèque de vidéos.