« Je vais réfléchir »
Un vrai non, au moins, est clair. « Je vais réfléchir » laisse tout le monde dans le flou, à commencer par la personne qui le dit.
Pourquoi cette phrase revient autant
Dire non au téléphone est inconfortable. Dire oui à plusieurs milliers d'euros fait peur. « Je vais réfléchir » est la sortie la plus polie entre les deux.
Elle n'est presque jamais un mensonge. La personne pense vraiment qu'elle va y réfléchir. Mais elle repart avec la même question qu'avant l'appel, et la plupart du temps, cette question ne trouvera pas de réponse toute seule.
Ce qu'elle veut presque toujours dire
Derrière « je vais réfléchir », il y a une question sans réponse que la personne n'a pas osé poser, ou qu'elle n'a pas réussi à formuler. Les plus fréquentes :
| Ce qu'elle dit | Ce qui reste peut-être en suspens |
|---|---|
| « Je vais réfléchir » | « Est-ce que ça va vraiment marcher pour moi ? » |
| « Je vais réfléchir » | « Est-ce que je peux me le permettre ? » |
| « Je vais réfléchir » | « Comment je vais l'annoncer à mon entourage ? » |
| « Je vais réfléchir » | « Est-ce que je suis capable de faire le travail ? » |
Ce sont des pistes. On ne devine pas laquelle est la bonne : on demande.
Pourquoi la contrer ne marche pas
Le closing agressif a des réponses toutes prêtes. « Qu'est-ce qui t'empêche de décider maintenant ? » « Dans six mois, tu seras exactement au même endroit. » « L'offre n'est valable qu'aujourd'hui. »
Toutes ces phrases cherchent à faire taire l'hésitation au lieu de la comprendre. La personne sent qu'on la pousse. Elle se ferme, ou elle signe pour sortir de l'appel, et se rétracte le lendemain.
Et tu n'as toujours aucune idée de ce qui bloquait.
Quoi dire à la place
D'abord, accepter. Réfléchir est légitime, surtout pour une décision qui engage.
Ensuite, aider à formuler ce qui reste. Avec respect, sans insister :
« Bien sûr. Juste pour ne pas te laisser avec un doute, il reste quoi comme point pas clair ? »
Puis écouter. La réponse te dit presque toujours exactement où en est la personne. Si c'est une question à laquelle tu peux répondre, tu réponds. Si c'est une vraie raison de ne pas le faire, tu la respectes.
Si elle ne sait pas, une deuxième question aide souvent : « Sur une échelle de un à dix, tu en es où, et qu'est-ce qui manque pour être à dix ? »
Le vrai remède : ce qui se passe avant
La plupart des « je vais réfléchir » sont des erreurs du début de l'appel. Une découverte qui n'est pas allée assez loin. Un vrai problème qui n'a jamais été nommé. Une projection qui n'a pas eu lieu. Un cadre qui n'annonçait pas qu'on chercherait une réponse claire à la fin.
Annoncer dès le début que l'appel se terminera par un oui ou un non change beaucoup de choses. La personne sait qu'elle aura le droit de dire non. Elle a donc moins besoin de « je vais réfléchir » pour s'échapper.
La trame complète est dans le guide du closing émotionnel.
Quand la personne a vraiment besoin de réfléchir
Ça arrive. Une décision qui engage un couple, une somme qui demande de réorganiser un budget, une information qui manque. Dans ce cas, on ne force rien. On fixe ensemble un moment précis pour se reparler, avec ce qui devra être clarifié d'ici là.
Ce qu'on refuse, c'est le flou : un « je te recontacte » sans date ni contenu, qui laisse les deux personnes dans l'attente.
Questions fréquentes
Comment répondre à « je vais réfléchir » ?
En acceptant, puis en aidant la personne à formuler ce qui reste : « Bien sûr. Il reste quoi comme point pas clair ? » La réponse dit presque toujours où elle en est.
Faut-il relancer après un « je vais réfléchir » ?
Seulement si un moment précis a été fixé ensemble, avec ce qui devait être clarifié. Une relance sans contenu ressemble à de l'insistance.
Comment éviter le « je vais réfléchir » ?
En annonçant dès le début de l'appel qu'il se terminera par une réponse claire, oui ou non, et en allant au bout de la découverte.
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